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La phrase qui tue le nucléaire

Theodore B. Taylor (ex-directeur adjoint de l’Agence de défense nucléaire des États-Unis, physicien concepteur d’armes nucléaires)




"Puisque chacun des plus de 400 réacteurs nucléaires qui fonctionnent actuellement dans 32 pays produit de grandes quantités de plutonium qui, une fois chimiquement séparées du combustible usé, peuvent être utilisées pour fabriquer des armes nucléaires de tout type, fiables et efficaces, j’estime nécessaire d’en appeler à un arrêt total et mondial de l’utilisation de l’énergie nucléaire."



De 1948 à 1956, le physicien américain Theodore Brewster Taylor (1925-2004) travailla à la conception de bombes nucléaires à fission au sein du Los Alamos National Laboratory. Il dirigea notamment l’équipe qui conçut la plus puissante bombe à fission jamais essayée, la Super Oralloy Bomb (d’une puissance de 500 kilotonnes). Il fut par ailleurs un concepteur réputé de petites bombes nucléaires, utilisant des quantités minimales de matériaux fissiles, ce qui contribua à sa prise de conscience des risques de terrorisme nucléaire, qui deviendront plus tard un de ses thèmes de travail et d’écriture.

Les sept années suivantes, il travailla au sein de la General Atomic Compagny sur la conception de réacteurs nucléaires de production d’isotopes médicaux, et sur un projet de propulsion spatiale nucléaire.

De 1964 à 1966, il fut directeur adjoint à la technologie pour la Defense Nuclear Agency (agence de défense nucléaire) du Pentagone.

À partir de 1966, il devint un défenseur du désarmement nucléaire. De 1966 à 1968, il exerça une mission de consultant pour la US Atomic Energy Commission (Commission à l’Énergie Atomique des États-Unis), visant à évaluer l’AIEA (Agence Internationale à l’Énergie Atomique) en ce qui concerne la lutte contre la prolifération nucléaire.

En 1979, Taylor fut nommé par le président Jimmy Carter membre de la commission d’enquête sur l’accident nucléaire de Three Mile Island.

Il fut également enseignant dans plusieurs universités, dont celle de Princeton pendant quatre ans. Il reçut plusieurs distinctions, dont le Prix Lawrence décerné par la US Atomic Energy Commission (1965) et la Médaille pour Service Civil Méritoire décernée par le Secrétariat à la Défense (1966).

Dans un long article publié en 1996, intitulé "Nuclear power and nuclear weapons" (Énergie nucléaire et armes nucléaires), Theodore B. Taylor écrivait notamment ce qui suit :

"Puisque chacun des plus de 400 réacteurs nucléaires qui fonctionnent actuellement dans 32 pays produit de grandes quantités de plutonium qui, une fois chimiquement séparées du combustible usé, peuvent être utilisées pour fabriquer des armes nucléaires de tout type, fiables et efficaces, j’en suis également arrivé à estimer nécessaire [outre le désarmement nucléaire] d’en appeler à un arrêt total et mondial de l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Pour accomplir cela tout en faisant preuve de responsabilité à l’égard du dérèglement environnemental provoqué par la poursuite de l’utilisation à grande échelle des énergies fossiles, j’estime également nécessaire d’en appeler à une démarche forte et mondiale pour saisir les opportunités d’économiser l’énergie et de produire celle dont nous avons besoin avec des sources renouvelables, directement ou indirectement dérivées du rayonnement solaire.

[...]

La préoccupation croissante à l’égard des instabilités climatiques provoquées par l’émission continue de gaz à effet de serre, en particulier le dioxyde de carbone produit en brûlant des combustibles fossiles, a conduit de nombreux avocats de l’énergie nucléaire à proposer de remplacer à grande échelle les combustibles fossiles par l’électricité d’origine nucléaire. De telles propositions imposeraient de construire des milliers de nouvelles centrales nucléaires pour réussir à réduire substantiellement, au niveau mondial, l’utilisation des combustibles fossiles. Cela aggraverait énormément les dangers d’une utilisation destructrice de l’énergie nucléaire.

En bref, l’usage constructif et l’usage destructif de la technologie nucléaire sont si étroitement imbriqués que les bénéfices de l’un sont inaccessibles à moins d’accroître considérablement les risques de l’autre."

De 1948 à 1956, le physicien américain Theodore Brewster Taylor (1925-2004) travailla à la conception de bombes nucléaires à fission au sein du Los Alamos National Laboratory. Il dirigea notamment l’équipe qui conçut la plus puissante bombe à fission jamais essayée, la Super Oralloy Bomb (d’une puissance de 500 kilotonnes). Il fut par ailleurs un concepteur réputé de petites bombes nucléaires, utilisant des quantités minimales de matériaux fissiles, ce qui contribua à sa prise de conscience des risques de terrorisme nucléaire, qui deviendront plus tard un de ses thèmes de travail et d’écriture.

Les sept années suivantes, il travailla au sein de la General Atomic Compagny sur la conception de réacteurs nucléaires de production d’isotopes médicaux, et sur un projet de propulsion spatiale nucléaire.

De 1964 à 1966, il fut directeur adjoint à la technologie pour la Defense Nuclear Agency (agence de défense nucléaire) du Pentagone.

À partir de 1966, il devint un défenseur du désarmement nucléaire. De 1966 à 1968, il exerça une mission de consultant pour la US Atomic Energy Commission (Commission à l’Énergie Atomique des États-Unis), visant à évaluer l’AIEA (Agence Internationale à l’Énergie Atomique) en ce qui concerne la lutte contre la prolifération nucléaire.

En 1979, Taylor fut nommé par le président Jimmy Carter membre de la commission d’enquête sur l’accident nucléaire de Three Mile Island.

Il fut également enseignant dans plusieurs universités, dont celle de Princeton pendant quatre ans. Il reçut plusieurs distinctions, dont le Prix Lawrence décerné par la US Atomic Energy Commission (1965) et la Médaille pour Service Civil Méritoire décernée par le Secrétariat à la Défense (1966).

Dans un long article publié en 1996, intitulé "Nuclear power and nuclear weapons" (Énergie nucléaire et armes nucléaires), Theodore B. Taylor écrivait notamment ce qui suit :

"Puisque chacun des plus de 400 réacteurs nucléaires qui fonctionnent actuellement dans 32 pays produit de grandes quantités de plutonium qui, une fois chimiquement séparées du combustible usé, peuvent être utilisées pour fabriquer des armes nucléaires de tout type, fiables et efficaces, j’en suis également arrivé à estimer nécessaire [outre le désarmement nucléaire] d’en appeler à un arrêt total et mondial de l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Pour accomplir cela tout en faisant preuve de responsabilité à l’égard du dérèglement environnemental provoqué par la poursuite de l’utilisation à grande échelle des énergies fossiles, j’estime également nécessaire d’en appeler à une démarche forte et mondiale pour saisir les opportunités d’économiser l’énergie et de produire celle dont nous avons besoin avec des sources renouvelables, directement ou indirectement dérivées du rayonnement solaire.

[...]

La préoccupation croissante à l’égard des instabilités climatiques provoquées par l’émission continue de gaz à effet de serre, en particulier le dioxyde de carbone produit en brûlant des combustibles fossiles, a conduit de nombreux avocats de l’énergie nucléaire à proposer de remplacer à grande échelle les combustibles fossiles par l’électricité d’origine nucléaire. De telles propositions imposeraient de construire des milliers de nouvelles centrales nucléaires pour réussir à réduire substantiellement, au niveau mondial, l’utilisation des combustibles fossiles. Cela aggraverait énormément les dangers d’une utilisation destructrice de l’énergie nucléaire.

En bref, l’usage constructif et l’usage destructif de la technologie nucléaire sont si étroitement imbriqués que les bénéfices de l’un sont inaccessibles à moins d’accroître considérablement les risques de l’autre."