La ministre de l’Ecologie était l’invitée dimanche du «  Grand rendez-vous  »-Europe 1-iTélé- «  Les Echos  ».Elle a salué la démarche d’Emmanuel Macron, qui est «  en dehors des systèmes  » .

« N'achetez plus de diesel »

A un peu plus d'une semaine de l'entrée en vigueur de la vignette restreignant l'accès des quatre-roues les plus polluants dans Paris, la ministre de l'Ecologie considère que « oui », la fin du diesel est un horizon atteignable en 2025 pour le parc automobile français. « N'achetez plus de diesel », a-t-elle lancé, précisant s'exprimer en tant ministre de l'Environnement et non au nom de l'Etat.

Le nucléaire, « une force »

Revenir sur la décision de fermer la centrale de Fessenheim en 2018, comme le propose François Fillon, serait « très nocif » pour le modèle énergétique du pays, juge Ségolène Royal. Le nucléaire reste cependant « à la fois une puissance pour la France » et « une force », selon elle. « En même temps, nous devons absolument ne pas être en retard sur la mutation énergétique », insiste la ministre. Et d'observer que « le modèle nucléaire est de plus en plus cher [ alors que] le prix des énergies renouvelables est en train de baisser ».

ND-des-Landes : « revenir autour de la table »

Ségolène Royal doute de la pertinence du référendum par lequel les habitants de la Loire-Atlantique se sont prononcés pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes : « La vraie démocratie, ça n'est pas oui ou non. C'est le choix entre plusieurs projets. » Pour l'ex-présidente de la région Poitou-Charentes, il faudra que les élus locaux se remettent autour de la table après l'élection présidentielle. « Il est parfaitement possible d'aménager sans détruire. [...] Ce principe n'a pas été clairement appliqué », déplore-t-elle.

Macron, quelqu'un « qui croit en ce qu'il fait »

La candidate à la présidentielle de 2007 continue d'observer avec bienveillance celle d'Emmanuel Macron en 2017. C'est quelqu'un « qui s'engage, qui déploie un programme, un projet, se donne du mal, croit en ce qu'il fait. » L'ancien ministre de l'Economie a le mérite de s'inspirer de ses méthodes de démocratie participative. « C'est bien », juge Ségolène Royal, mais Emmanuel Macron « n'est pas le seul », pondère-t-elle. « Peut-être y a-t-il une attente de l'opinion à être en dehors des systèmes [et de] casser les codes », avance-t-elle. Quoi qu'il en soit, « en aucun cas, ces itinéraires ne peuvent être des itinéraires solitaires », prévient la ministre qui « pense » aller voter à la primaire de la gauche. Après et « au moment du combat présidentiel majeur, il faudra le rassemblement des forces de gauche et des forces progressistes », juge-t-elle. « Il faudra voir quel est le critère de ce rassemblement et l'inventer car nous sommes dans une configuration nouvelle. »

Un usage du 49-3 « très mal vécu »

La ministre de l'Environnement a taclé Manuel Valls sur sa récente volte-face à propos de l'article 49-3, dont il propose maintenant de restreindre l'usage. Une position « difficilement compréhensible », selon elle. Le recours à cette arme constitutionnelle n'a « pas été compris de l'opinion » et le gouvernement en « a beaucoup souffert », ajoute t-elle, « Tout le travail positif qu'on a fait à côté a été totalement étouffé par les manifestations », analyse enfin Ségolène Royal indiquant avoir personnellement « très mal vécu » cette période. Pour elle, « les stratégies qui consistent à mettre des tensions dans la société sont de mauvaises stratégies. »