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Des artistes avec nous

Les Divers Gens




Formés dans différentes disciplines et venus de divers univers, plusieurs artistes se sont associés et ont formé le collectif Les Divers Gens.
Utilisant le texte comme support, le groupe cherche la pluridisciplinarité du fond et de la forme dans leurs créations. Il s’agit d’utiliser la force des multiples parcours de chacun pour apporter aux spectacles les matières adéquates à leur discours.
Les Divers Gens s’appuient sur la polyvalence des artistes : le collectif se voit ainsi composé de divers porteurs de projets, metteur en scène, comédiens et techniciens qui, sur les différents spectacles changent de rôle en fonction des besoins.
Ce groupe est officiellement né avec la fin de l’été 2009, et est essentiellement composé d’anciens élèves de la formation professionnelle des "Arts de la scène et de l’image" (TDMI). Le collectif Les Divers Gens est une association (loi du 1er juillet 1901) qui propose aujourd’hui plusieurs spectacles
Sa dernière création est intitulée "Radiations Durables".

Interview parue dans la revue "Sortir du nucléaire" n°51, automne 2011 :

Rencontre avec Brice Lagenèbre et Julie Romeuf, de la compagnie lyonnaise les Divers Gens. Le collectif dévoile son nouveau spectacle, intitulé "Radiations durables"...

Pourriez-vous nous présenter en quelques mots votre compagnie, les Divers Gens ?

Nous nous sommes rencontrés au sein d’une formation de théâtre, danse, vidéo et musique. Le groupe s’est fédéré autour de projets forts. En trois ans, trois créations : "Les Bonnes déconnent", "Certaines sont innocentes"… et aujourd’hui ce projet.

Votre nouveau spectacle s’intitule "Radiations durables". Pourquoi avoir choisi ce titre ?

"Radiations durables", parce que les retombées négatives du nucléaire le sont, mais aussi pour faire un pied de nez au concept "durable" que les médias et les communicants commerciaux s’approprient pour donner un côté éthique à toutes sortes de sujets. Ce côté label "durable" nous permet de souligner les inepties de notre monde contemporain.
"Il était une fois dans l’est..." en sous-titre, c’est plutôt une manière de faire un clin d’oeil aux épopées du cinéma américain et rappeler sur le ton d’une histoire à écouter avant de se coucher que ce qui est arrivé à Tchernobyl (ou à Fukushima), peut nous arriver ici.

Le spectacle marie des extraits de "La Supplication" de Svetlana Alexievitch à un texte méconnu de René Barjavel. Pourriez-vous nous en dire plus ?

En 1978, René Barjavel rédige "Une lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester", dans laquelle, outre l’exposé de sa méfiance lucide quant au nucléaire civil, il prend le parti du vivant et le sacralise. 30 ans après, ce texte reste plus que jamais d’actualité, bien qu’il ne soit plus édité depuis longtemps et il est difficile de se le procurer. Huit ans après, en 1986 survient la catastrophe de Tchernobyl. Barjavel est mort en 1985. Il n’est plus là, au moment où survient la catastrophe, pour décrier les méfaits du Saint Progrès et pour que l’on soit tenté de faire de lui un prophète. Cela aurait desservi la simple objectivité de son propos, que Fukushima vient de conforter, et sa juste conscience du rapport qu’entretiennent les hommes avec l’énergie.

Dans son livre La Supplication, Svetlana Alexievitch décrit la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en faisant témoigner ses victimes. Elle y donne la parole "aux oubliés de l’Histoire". Elle écrit elle-même qu’ "Il s’est produit un événement pour lequel nous n’avons ni système de représentation, ni analogies, ni expériences... Plus d’une fois, j’ai eu l’impression de noter le futur".

À première vue, le nucléaire n’est pas un sujet "sexy" pour créer un spectacle. Qu’est-ce qui vous a conduit-e-s, en tant qu’artistes et en tant que citoyen-ne-s, à vous en emparer ?

Notre projet est né à l’automne 2010. C’est Jean-Paul Duboc, le créateur du montage de texte, qui nous a offert la pièce. Certains d’entre nous, les plus jeunes, sont nés l’année de Tchernobyl. Tous, nous nous sentions concernés. Ce texte nous donne la possibilité de réaliser une des missions possibles des artistes, communiquer sur le monde qui nous entoure. En tant que citoyen et artiste, aussi en tant que collectif, il devenait urgent de prendre un engagement fort en complicité avec les publics.

Depuis, nous avons participé à une manifestation commémorative de la catastrophe, aux côtés de Rhône Alpes Sans Nucléaire et du Réseau, nous avons fait une lecture interactive des textes avec Greenpeace, nous produisons une pièce radiophonique qui sera entendue au Festival "Bure Zone Libre".

La première représentation publique officielle a lieu le 22 octobre à Nyons, dans la Drôme. Vous avez déjà d’autres perspectives de diffusion du spectacle ?

Oui, nous jouerons à Lyon, à l’Espace 44, du 5 au 18 décembre 2011. Et d’autres dates sont en préparation...

Propos recueillis par Xavier Rabilloud

>> http://www.lesdiversgens.org/

Formés dans différentes disciplines et venus de divers univers, plusieurs artistes se sont associés et ont formé le collectif Les Divers Gens.
Utilisant le texte comme support, le groupe cherche la pluridisciplinarité du fond et de la forme dans leurs créations. Il s’agit d’utiliser la force des multiples parcours de chacun pour apporter aux spectacles les matières adéquates à leur discours.
Les Divers Gens s’appuient sur la polyvalence des artistes : le collectif se voit ainsi composé de divers porteurs de projets, metteur en scène, comédiens et techniciens qui, sur les différents spectacles changent de rôle en fonction des besoins.
Ce groupe est officiellement né avec la fin de l’été 2009, et est essentiellement composé d’anciens élèves de la formation professionnelle des "Arts de la scène et de l’image" (TDMI). Le collectif Les Divers Gens est une association (loi du 1er juillet 1901) qui propose aujourd’hui plusieurs spectacles
Sa dernière création est intitulée "Radiations Durables".

Interview parue dans la revue "Sortir du nucléaire" n°51, automne 2011 :

Rencontre avec Brice Lagenèbre et Julie Romeuf, de la compagnie lyonnaise les Divers Gens. Le collectif dévoile son nouveau spectacle, intitulé "Radiations durables"...

Pourriez-vous nous présenter en quelques mots votre compagnie, les Divers Gens ?

Nous nous sommes rencontrés au sein d’une formation de théâtre, danse, vidéo et musique. Le groupe s’est fédéré autour de projets forts. En trois ans, trois créations : "Les Bonnes déconnent", "Certaines sont innocentes"… et aujourd’hui ce projet.

Votre nouveau spectacle s’intitule "Radiations durables". Pourquoi avoir choisi ce titre ?

"Radiations durables", parce que les retombées négatives du nucléaire le sont, mais aussi pour faire un pied de nez au concept "durable" que les médias et les communicants commerciaux s’approprient pour donner un côté éthique à toutes sortes de sujets. Ce côté label "durable" nous permet de souligner les inepties de notre monde contemporain.
"Il était une fois dans l’est..." en sous-titre, c’est plutôt une manière de faire un clin d’oeil aux épopées du cinéma américain et rappeler sur le ton d’une histoire à écouter avant de se coucher que ce qui est arrivé à Tchernobyl (ou à Fukushima), peut nous arriver ici.

Le spectacle marie des extraits de "La Supplication" de Svetlana Alexievitch à un texte méconnu de René Barjavel. Pourriez-vous nous en dire plus ?

En 1978, René Barjavel rédige "Une lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester", dans laquelle, outre l’exposé de sa méfiance lucide quant au nucléaire civil, il prend le parti du vivant et le sacralise. 30 ans après, ce texte reste plus que jamais d’actualité, bien qu’il ne soit plus édité depuis longtemps et il est difficile de se le procurer. Huit ans après, en 1986 survient la catastrophe de Tchernobyl. Barjavel est mort en 1985. Il n’est plus là, au moment où survient la catastrophe, pour décrier les méfaits du Saint Progrès et pour que l’on soit tenté de faire de lui un prophète. Cela aurait desservi la simple objectivité de son propos, que Fukushima vient de conforter, et sa juste conscience du rapport qu’entretiennent les hommes avec l’énergie.

Dans son livre La Supplication, Svetlana Alexievitch décrit la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en faisant témoigner ses victimes. Elle y donne la parole "aux oubliés de l’Histoire". Elle écrit elle-même qu’ "Il s’est produit un événement pour lequel nous n’avons ni système de représentation, ni analogies, ni expériences... Plus d’une fois, j’ai eu l’impression de noter le futur".

À première vue, le nucléaire n’est pas un sujet "sexy" pour créer un spectacle. Qu’est-ce qui vous a conduit-e-s, en tant qu’artistes et en tant que citoyen-ne-s, à vous en emparer ?

Notre projet est né à l’automne 2010. C’est Jean-Paul Duboc, le créateur du montage de texte, qui nous a offert la pièce. Certains d’entre nous, les plus jeunes, sont nés l’année de Tchernobyl. Tous, nous nous sentions concernés. Ce texte nous donne la possibilité de réaliser une des missions possibles des artistes, communiquer sur le monde qui nous entoure. En tant que citoyen et artiste, aussi en tant que collectif, il devenait urgent de prendre un engagement fort en complicité avec les publics.

Depuis, nous avons participé à une manifestation commémorative de la catastrophe, aux côtés de Rhône Alpes Sans Nucléaire et du Réseau, nous avons fait une lecture interactive des textes avec Greenpeace, nous produisons une pièce radiophonique qui sera entendue au Festival "Bure Zone Libre".

La première représentation publique officielle a lieu le 22 octobre à Nyons, dans la Drôme. Vous avez déjà d’autres perspectives de diffusion du spectacle ?

Oui, nous jouerons à Lyon, à l’Espace 44, du 5 au 18 décembre 2011. Et d’autres dates sont en préparation...

Propos recueillis par Xavier Rabilloud