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Revue de presse

Juillet 2017 / Les Echos

Le paradoxe du Japon face au désarmement nucléaire






Plus de soixante-dix ans après les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki des 6 et 9�août 1945, 122�pays sur les 193 membres de l'ONU ont adopté le premier projet de traité sur l'interdiction des armes nucléaires, le 7�juillet. Plusieurs pays n'ont pas participé aux négociations, à l'image des puissances nucléaires « �officielles� », comme les Etats-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine. Le Japon, seul pays victime de frappes nucléaires, les a rejoints. « �La communauté internationale a été déçue de l'attitude du gouvernement japonais, qui s'est retiré dès le début des pourparlers� », déplore le quotidien national l'« �Asahi Shimbun� » dans un éditorial. Allié aux puissances nucléaires occidentales, l'Archipel n'a pas ratifié le traité, imité par la Corée du Sud et les 29 membres de l'Otan, excepté les Pays-Bas.

L'éditorialiste lance un appel à l'éradication des armes nucléaires en participant à cette « �avancée historique� », portée par la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (Ican). « �Le Japon devrait suivre les pays qui s'efforcent d'interdire les armes nucléaires, c'est une opportunité pour y mettre un terme� », plaide le journal. La crise régionale due aux essais en Corée du Nord rend les dirigeants nippons réticents à un abandon du nucléaire. Le projet de l'ONU affiche des mesures strictes. Il rend illégale la dissuasion nucléaire, en plus de son utilisation. Pourtant, la société japonaise demeure meurtrie par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. « �Ceux qui n'ont pas été tués par les bombes ont longtemps souffert de l'exposition radioactive� », rappelle l'« �Asahi Shimbun� ». Le rejet de ce traité de désarmement témoigne du paradoxe nippon, entre histoire et réalité.. 

A. G.

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Thèmes
Nucléaire militaire