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Revue de presse

Septembre 2016 / Ouest France

L’Ukraine prolonge la vie d’un vieux réacteur nucléaire



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Les six réacteurs de la centrale nucléaire de Zaporijia.. | CC BY-SA 3.0
 

C'est reparti pour neuf ans pour le réacteur n°1 de la centrale de Zaporijia, à l'Est de l'Ukraine. Construite alors que l'Ukraine était soviétique, le centrale a déjà dépassé la date fatidique des 30 ans.

L'autorité ukrainienne nucléaire a annoncé mardi 13 septembre que l'un des six réacteurs de la plus grosse centrale nucléaire d'Europe allait être prolongé de 9 ans. Démarrée en 1985, la centrale a déjà dépassé sa durée de vie prévue de 30 ans - ce qui ne va pas sans inquiétude.

« Cette centrale, la plus puissante d’Europe, se trouve à 200 km de la zone d’affrontements entre les Russes et les Ukrainiens, expliquait déjà en 2015 le réseau Sortir du nucléaire. Le danger vient des bombardements, bien sûr, mais aussi du simple risque de rupture d’alimentation électrique des réacteurs. Des équipements de secours existent, mais ils ont une autonomie très limitée.  »

Compenser la perte du bassin minier du Dombass

Pour Youri Nedaschkowski, le chef d'Energoatom, la compagnie nationale de production d'énergie nucléaire d'Ukraine, « cette décision est réfléchie et juste, surtout avec l'arrière-plan de la guerre dans l'Est du pays. » Avec l'annexion du Dombass, l'Urkaine a perdu son bassin minier. Le pays cherche donc à restructurer son marché énergétique pour compenser cette perte. Nedaschkowski a assuré avoir fait toutes les réparations nécessaires et remplacé le matériel vieillissant du réacteur n°1.

La sécurité du site pas assurée

Pour la plus grande organisation écologique d'Ukraine, Necu, la décision est un scandale. Ils affirment au quotidien allemand Tageszeitung que 13 mesures nécessaires à la sécurité du site n'ont pas été prises. Ils dénoncent l'absence de générateur électrique fiable en cas de coupure d'électricité de longue durée, et d'un système de détection de tremblements de terre. Une mesure utile  : en août dernier, la région de Marioupol a connu un tremblement de terre d'intensité 4,8 sur l'échelle de Richter.

Autre objet d'inquiétude : de facture soviétique, la centrale dépend pour sa maintenant de la Russie, le seul pays à pouvoir fournir des pièces de remplacement. Si le conflit entre les deux pays se durcit, la centrale devra fonctionner avec des pièces obsolètes.

Le 19 septembre, Energoatom va annoncer si un deuxième réacteur de Zaporijia va à son tour être prolongé.

 

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