Réseau Sortir du nucléaire
BoutiqueAgendaFaire un donEN

Juriblog
Le blog des actions en justice du Réseau "Sortir du nucléaire"

Des tuyauteries d’évacuation illégales poussent comme des champignons


En cours / Installation : Gravelines


En toute illégalité, la centrale nucléaire de Gravelines s’est équipée de tuyauteries d’évacuations clandestines pour déverser des effluents potentiellement contaminés dans l’environnement. Le Réseau “Sortir du nucléaire“, l’ADELFA, les Amis de la Terre Dunkerque, France Nature Environnement, Nord Nature Environnement et Virage Énergie Nord-Pas de Calais ont déposé plainte contre EDF et le directeur du site pour faire sanctionner ces faits.

 

La centrale de Gravelines. ©La Voix du Nord.

 



Le site nucléaire de Gravelines

Le site de Gravelines abrite la centrale nucléaire exploitée par EDF dans le département du Nord, à 21 km à l’Est de Calais et à 15 km à l’Ouest de Dunkerque. Les installations sont implantées en bordure de la mer du Nord, immédiatement à l’Ouest de la jetée des Huttes de l’avant port Ouest de Dunkerque. Le site se trouve à 30 km de la Belgique et à 60 km de la Grande-Bretagne.

Cette centrale nucléaire est constituée de 6 réacteurs à eau sous pression (900 MW) d’une puissance totale de 5400 MW. Les réacteurs 1 et 2 constituent l’installation nucléaire de base (INB) n° 96, les réacteurs 3 et 4 l’INB n° 97, les réacteurs 5 et 6 l’INB n° 122.

Dans son appréciation 2016, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) considère que les performances en matière de protection de l’environnement sont en retrait. Le site doit poursuivre ses actions d’amélioration continue, notamment en matière de rigueur d’exploitation, de réalisation des opérations, de détection rapide des écarts et d’application des consignes.

Des émissaires de rejets illégaux

En avril 2016, à l’occasion d’une inspection, l’Autorité de sûreté nucléaire a découvert sur le site de Gravelines l’existence illégale de 11 canalisations de rejets, qui n’avaient pas été prévues par l’arrêté encadrant les rejets de la centrale. Les substances rejetées par ces tuyauteries, qui se déversaient dans le canal d’amenée puis dans la mer, n’avaient fait l’objet d’aucune évaluation environnementale. Pourtant, certaines étaient destinées à évacuer des eaux pluviales ruisselant sur des zones susceptibles d’être contaminées par des éléments radioactifs (entre autres par le tritium, substance extrêmement pénétrante et susceptible de provoquer des dommages à l’ADN) ; d’autres évacuaient des déchets liquides provenant de zones de dépotage d’acide chlorhydrique ou d’hydrocarbures.

Alors que l’ASN avait sommé EDF de régulariser la situation, une nouvelle inspection, menée en décembre 2017, a mis en évidence le laisser-aller qui continuait de régner à la centrale. Parmi ces tuyauteries illégales, certaines devaient provisoirement être détournées vers d’autres canalisations. Or les pompes censées permettre le dévoiement de leurs rejets, pour la majorité d’entre elles, n’étaient pas en état de fonctionner, révélant un important défaut de surveillance de ces installations. Quant aux canalisations illégales restantes, leurs effluents ne faisaient pas l’objet d’un contrôle rigoureux, en particulier concernant les mesures destinées à contrôler l’absence de radioactivité. En outre, l’une de ces canalisations n’était pas étanche et n’avait pas été équipée d’un filtre. De nombreuses autres irrégularités avaient également été constatées sur le site à l’occasion de cette inspection.

EDF se croit-elle au-dessus des lois, pour construire ces canalisations sans autorisation et ignorer les prescriptions de l’ASN ? Cette attitude est d’autant plus inadmissible qu’elle a peut-être déjà débouché sur une pollution chimique ou radioactive des eaux.

Ces faits sont révélateurs des négligences récurrentes de la centrale de Gravelines vis-à-vis de la sûreté (rappelons que ce site a déjà connu plusieurs fuites de tritium en 2013 et 2014). Ces problèmes apparaissent liés à des dysfonctionnements structurels qui mettent en danger autant les travailleurs que les riverains.

C’est pourquoi le Réseau “Sortir du nucléaire“, l’ADELFA, les Amis de la Terre Dunkerque, France Nature Environnement, Nord Nature Environnement et Virage Énergie ont porté plainte le 25 janvier 2017 contre EDF et contre le directeur de la centrale pour 14 infractions au Code de l’environnement (dont le délit de pollution des eaux) et à la réglementation relative aux installations nucléaires de base.

 

Téléchargez la plainte
PDF - 3.2 Mo
Gravelines émissaires - Plainte 26/01/18

Le site nucléaire de Gravelines

Le site de Gravelines abrite la centrale nucléaire exploitée par EDF dans le département du Nord, à 21 km à l’Est de Calais et à 15 km à l’Ouest de Dunkerque. Les installations sont implantées en bordure de la mer du Nord, immédiatement à l’Ouest de la jetée des Huttes de l’avant port Ouest de Dunkerque. Le site se trouve à 30 km de la Belgique et à 60 km de la Grande-Bretagne.

Cette centrale nucléaire est constituée de 6 réacteurs à eau sous pression (900 MW) d’une puissance totale de 5400 MW. Les réacteurs 1 et 2 constituent l’installation nucléaire de base (INB) n° 96, les réacteurs 3 et 4 l’INB n° 97, les réacteurs 5 et 6 l’INB n° 122.

Dans son appréciation 2016, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) considère que les performances en matière de protection de l’environnement sont en retrait. Le site doit poursuivre ses actions d’amélioration continue, notamment en matière de rigueur d’exploitation, de réalisation des opérations, de détection rapide des écarts et d’application des consignes.

Des émissaires de rejets illégaux

En avril 2016, à l’occasion d’une inspection, l’Autorité de sûreté nucléaire a découvert sur le site de Gravelines l’existence illégale de 11 canalisations de rejets, qui n’avaient pas été prévues par l’arrêté encadrant les rejets de la centrale. Les substances rejetées par ces tuyauteries, qui se déversaient dans le canal d’amenée puis dans la mer, n’avaient fait l’objet d’aucune évaluation environnementale. Pourtant, certaines étaient destinées à évacuer des eaux pluviales ruisselant sur des zones susceptibles d’être contaminées par des éléments radioactifs (entre autres par le tritium, substance extrêmement pénétrante et susceptible de provoquer des dommages à l’ADN) ; d’autres évacuaient des déchets liquides provenant de zones de dépotage d’acide chlorhydrique ou d’hydrocarbures.

Alors que l’ASN avait sommé EDF de régulariser la situation, une nouvelle inspection, menée en décembre 2017, a mis en évidence le laisser-aller qui continuait de régner à la centrale. Parmi ces tuyauteries illégales, certaines devaient provisoirement être détournées vers d’autres canalisations. Or les pompes censées permettre le dévoiement de leurs rejets, pour la majorité d’entre elles, n’étaient pas en état de fonctionner, révélant un important défaut de surveillance de ces installations. Quant aux canalisations illégales restantes, leurs effluents ne faisaient pas l’objet d’un contrôle rigoureux, en particulier concernant les mesures destinées à contrôler l’absence de radioactivité. En outre, l’une de ces canalisations n’était pas étanche et n’avait pas été équipée d’un filtre. De nombreuses autres irrégularités avaient également été constatées sur le site à l’occasion de cette inspection.

EDF se croit-elle au-dessus des lois, pour construire ces canalisations sans autorisation et ignorer les prescriptions de l’ASN ? Cette attitude est d’autant plus inadmissible qu’elle a peut-être déjà débouché sur une pollution chimique ou radioactive des eaux.

Ces faits sont révélateurs des négligences récurrentes de la centrale de Gravelines vis-à-vis de la sûreté (rappelons que ce site a déjà connu plusieurs fuites de tritium en 2013 et 2014). Ces problèmes apparaissent liés à des dysfonctionnements structurels qui mettent en danger autant les travailleurs que les riverains.

C’est pourquoi le Réseau “Sortir du nucléaire“, l’ADELFA, les Amis de la Terre Dunkerque, France Nature Environnement, Nord Nature Environnement et Virage Énergie ont porté plainte le 25 janvier 2017 contre EDF et contre le directeur de la centrale pour 14 infractions au Code de l’environnement (dont le délit de pollution des eaux) et à la réglementation relative aux installations nucléaires de base.

 

Téléchargez la plainte
PDF - 3.2 Mo
Gravelines émissaires - Plainte 26/01/18




Thèmes
Pollution radioactive Gravelines