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Des accidents nucléaires partout

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France : Cruas Meysse : 1 semaine pour détecter le dysfonctionnement d’un capteur du circuit primaire du réacteur 1




28 novembre 2017


Le 28 novembre 2017 au petit matin, une vingtaine de militant.e.s de Greenpeace ont réussi à s’introduire dans la centrale de Cruas, démontrant une nouvelle fois la vulnérabilité des sites nucléaires face aux risques d’intrusions et dénonçant le manque d’action pour sécuriser les piscines d’entreposage de combustibles usagés. Mais malheureusement, le site n’est pas en reste en termes de failles de sûreté. La veille, le 27 novembre, l’exploitant communiquait sur un évènement significatif déclaré à l’Autorité de sureté nucléaire de niveau 1 : les équipes de la centrale ont mis une semaine pour découvrir qu’un "capteur du débit du circuit d’eau alimentant l’un des 3 générateurs de vapeur" du réacteur 1 ne fonctionnait pas correctement.


L’eau qui alimente les générateurs de vapeur (GV) fait partie, tout comme les GV d’ailleurs, du circuit primaire. L’intégrité de ce circuit est un élément majeur en terme de sûreté de fonctionnement d’une centrale nucléaire.

Petites précisions de l’ASN sur le circuit primaire [1], informations utiles avant de regarder la communication de l’exploitant pour mieux décrypter ses formules édulcorées et comprendre le problème de sûreté engendré :

Le circuit primaire est un circuit fermé, contenant de l’eau sous pression. Cette eau s’échauffe dans la cuve du réacteur au contact des éléments combustibles. Dans les générateurs de vapeur, elle cède la chaleur acquise à l’eau du circuit secondaire pour produire la vapeur destinée à entrainer le groupe turboalternateur.

L’eau du circuit primaire est mise en mouvement par trois pompes dites "pompes primaires". Plusieurs circuits hydrauliques annexes sont branchés sur le circuit primaire principal ; ces circuits sont munis de vannes manœuvrables à partir de la salle de commande. Un programme d’essais périodiques est destiné à s’assurer du bon fonctionnement de ces vannes.

Le circuit primaire permet de refroidir le combustible contenu dans la cuve du réacteur en cédant sa chaleur par l’intermédiaire des générateurs de vapeur lorsqu’il produit de l’électricité ou par l’intermédiaire du circuit de refroidissement à l’arrêt lorsqu’il est en cours de redémarrage après rechargement en combustible. La température du circuit primaire principal est encadrée par des limites afin de garantir le maintien dans un état sûr des installations en cas d’accident.

Ce que dit EDF :

Le 27/11/2017

Détection tardive de l’indisponibilité d’un capteur sur l’unité de production n°1

Le 15 novembre 2017, l’unité de production n°1 de la centrale EDF de Cruas-Meysse est en arrêt programmé pour maintenance et rechargement de son combustible, depuis le 10 juin 2017.

A 18h25, les équipes d’exploitation de la centrale détectent un défaut de fonctionnement d’un capteur mesurant le débit d’eau du circuit alimentant l’un des trois générateurs de vapeur, circuit à l’arrêt depuis le 10 juin. Ce capteur est alors remis en conformité.

Après analyse, il apparaît que le capteur connaissait un dysfonctionnement depuis le 9 novembre 2017.

Cet événement n’a eu aucun impact sur la sûreté des installations et la sécurité des intervenants. Néanmoins, la détection tardive de l’indisponibilité de ce capteur constitue un écart aux règles d’exploitation de la centrale. Il a été déclaré le 24 novembre 2017 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au niveau 1 de l’échelle INES qui en compte 7.

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-cruas-meysse/actualites/detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-un-capteur-sur-l-unite-de-production-ndeg1