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Des artistes avec nous

Brut de béton production




http://www.brut-de-beton.net/video_women68.php



Brut de béton production est une Compagnie de théâtre. Produit notamment une pièce basée sur le livre "La supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse" de Svetlana Alexievitch. C’est une structure de réflexion, de proposition et de réalisation d’actes artistiques n’ignorant pas le malaise dans la civilisation. Elle produit des spectacles et des événements, des textes et des rencontres. Elle édite. Elle soutient. Elle contribue au lien social et travaille avec des publics spécifiques, en particulier relevant de la structure psychotique, en et hors institution. Les auteurs, les comédiens, les musiciens, les techniciens concernés par Brut de Béton Production sont pour la plupart engagés dans les luttes d’émancipation.

Interview de Bruno Boussagol pour la revue "Sortir du nucléaire" n°50, par Jocelyn Peyret :

Dans quel contexte as-tu créé la compagnie Brut de Béton ?

J’ai créé la compagnie au début des années 90 à Clermont-Ferrand. Je souhaitais développer un théâtre de création à partir de textes jamais mis en scène, à partir d’une écriture contemporaine qui se confronterait avec le réel. Auparavant je travaillais dans un centre psychiatrique en lien avec l’écriture de la psychose, la folie dans sa dimension la plus structurante. La plupart des malades sont portés par une question que la société est incapable de résoudre. Ils développent alors quelque chose de particulier, une écriture des plus contemporaines.

Comment en es-tu venu à mettre en scène La supplication de Svetlana Alexievitch ?

J’ai lu son livre une semaine après sa publication en France en 1998. Cela a été un choc extraordinaire. Il traitait d’un univers réel et était structuré comme une pièce de théâtre avec un prologue, des monologues, un épilogue… J’ai rapidement rencontré l’auteure qui m’a fait découvrir les pays de l’Est, leur organisation politique, la contamination en Biélorussie, les enfants contaminés…

J’ai monté une première mise en scène en 2002, depuis j’en suis à dix, sous le nom de "Tchernobyl Now". Le concept était de s’adresser directement au public, un théâtre où les acteurs ne se répondent pas, comme une sorte de tribunal.

En 2002, j’ai créé un festival à Gomel (Biélorussie) qui m’a permis de "cacher" le spectacle aux autorités et de donner des représentations devant les élèves d’une classe de français. Des journalistes étaient cachés dans la troupe et ont ainsi pu monter des reportages pour France Culture et Arte.

Je suis resté à Minsk où j’ai trouvé une troupe qui a été d’accord pour jouer le spectacle en russe et en biélorusse. Elle joue toujours et tourne en Pologne, en Russie… Ils sont les seuls à la jouer, le texte étant introuvable en Biélorussie.

Peux-tu nous expliquer ce qu’était "La Diagonale de Tchernobyl" ?

En 2006, pour les 20 ans de la catastrophe, Svetlana a eu l’idée de donner une représentation devant le sarcophage, sans public, pour les morts. Ce fut très dur et très émouvant. Nous n’avons reçu l’accord pour jouer qu’au dernier moment. Nous étions partis en convoi de Cherbourg après la manifestation contre le réacteur EPR (15-16 avril) et sommes arrivés à Tchernobyl le 26 avril.

Après un séjour d’un mois à Volodarka, à 30 km de l’épicentre, pour être en contact avec la population, vivre avec elle et échanger, nous sommes retournés à Aurillac pour une résidence lors de laquelle nous avons créé un triple spectacle qui n’a malheureusement pas été repris.
Actuellement (mai 2011) nous proposons "Le petit musée de la catastrophe" avec Véronique Boutroux, photographe et comédienne. Il s’agit de plusieurs petits musées, comme il en existe plein en Biélorussie, où nous retrouvons de nombreux vestiges parfois d’une banalité extrême (des framboises, du lait, des médailles, des papiers de bonbon…), mais qui sont transfigurés par la guide qui fait visiter les lieux.

Quels sont les autres spectacles de ta compagnie ?

Nous avons eu un certain succès avec "Women 68, même pas mort" qui est interprété par trois hommes qui jouent des femmes féministes qui ont participé à l’émancipation des années 60/70. Nous avons aussi la pièce "Women 89" qui traite de la chute du mur de Berlin et de la fin de l’URSS.

J’avais en projet un festival à Ivankov (chef-lieu de la région de Tchernobyl) pour le 25e anniversaire en 2011, mais je n’ai pas eu de financement et j’ai dû abandonner. Je poursuis toujours mon travail en centre psychiatrique, qui permet de casser l’isolement des patients avec lesquels nous avons publié un livre : "HP Blues".

Brut de Béton est un des membres actifs de l’association IndependentWHO, qui tient une vigie permanente devant l’OMS à Genève. Je peux dire qu’à partir de 1998 je n’ai plus "quitté" Tchernobyl. C’est une implication qui me semble aller de soi et je souhaite que les artistes s’engagent plus souvent.

Brut de béton production est une Compagnie de théâtre. Produit notamment une pièce basée sur le livre "La supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse" de Svetlana Alexievitch. C’est une structure de réflexion, de proposition et de réalisation d’actes artistiques n’ignorant pas le malaise dans la civilisation. Elle produit des spectacles et des événements, des textes et des rencontres. Elle édite. Elle soutient. Elle contribue au lien social et travaille avec des publics spécifiques, en particulier relevant de la structure psychotique, en et hors institution. Les auteurs, les comédiens, les musiciens, les techniciens concernés par Brut de Béton Production sont pour la plupart engagés dans les luttes d’émancipation.

Interview de Bruno Boussagol pour la revue "Sortir du nucléaire" n°50, par Jocelyn Peyret :

Dans quel contexte as-tu créé la compagnie Brut de Béton ?

J’ai créé la compagnie au début des années 90 à Clermont-Ferrand. Je souhaitais développer un théâtre de création à partir de textes jamais mis en scène, à partir d’une écriture contemporaine qui se confronterait avec le réel. Auparavant je travaillais dans un centre psychiatrique en lien avec l’écriture de la psychose, la folie dans sa dimension la plus structurante. La plupart des malades sont portés par une question que la société est incapable de résoudre. Ils développent alors quelque chose de particulier, une écriture des plus contemporaines.

Comment en es-tu venu à mettre en scène La supplication de Svetlana Alexievitch ?

J’ai lu son livre une semaine après sa publication en France en 1998. Cela a été un choc extraordinaire. Il traitait d’un univers réel et était structuré comme une pièce de théâtre avec un prologue, des monologues, un épilogue… J’ai rapidement rencontré l’auteure qui m’a fait découvrir les pays de l’Est, leur organisation politique, la contamination en Biélorussie, les enfants contaminés…

J’ai monté une première mise en scène en 2002, depuis j’en suis à dix, sous le nom de "Tchernobyl Now". Le concept était de s’adresser directement au public, un théâtre où les acteurs ne se répondent pas, comme une sorte de tribunal.

En 2002, j’ai créé un festival à Gomel (Biélorussie) qui m’a permis de "cacher" le spectacle aux autorités et de donner des représentations devant les élèves d’une classe de français. Des journalistes étaient cachés dans la troupe et ont ainsi pu monter des reportages pour France Culture et Arte.

Je suis resté à Minsk où j’ai trouvé une troupe qui a été d’accord pour jouer le spectacle en russe et en biélorusse. Elle joue toujours et tourne en Pologne, en Russie… Ils sont les seuls à la jouer, le texte étant introuvable en Biélorussie.

Peux-tu nous expliquer ce qu’était "La Diagonale de Tchernobyl" ?

En 2006, pour les 20 ans de la catastrophe, Svetlana a eu l’idée de donner une représentation devant le sarcophage, sans public, pour les morts. Ce fut très dur et très émouvant. Nous n’avons reçu l’accord pour jouer qu’au dernier moment. Nous étions partis en convoi de Cherbourg après la manifestation contre le réacteur EPR (15-16 avril) et sommes arrivés à Tchernobyl le 26 avril.

Après un séjour d’un mois à Volodarka, à 30 km de l’épicentre, pour être en contact avec la population, vivre avec elle et échanger, nous sommes retournés à Aurillac pour une résidence lors de laquelle nous avons créé un triple spectacle qui n’a malheureusement pas été repris.
Actuellement (mai 2011) nous proposons "Le petit musée de la catastrophe" avec Véronique Boutroux, photographe et comédienne. Il s’agit de plusieurs petits musées, comme il en existe plein en Biélorussie, où nous retrouvons de nombreux vestiges parfois d’une banalité extrême (des framboises, du lait, des médailles, des papiers de bonbon…), mais qui sont transfigurés par la guide qui fait visiter les lieux.

Quels sont les autres spectacles de ta compagnie ?

Nous avons eu un certain succès avec "Women 68, même pas mort" qui est interprété par trois hommes qui jouent des femmes féministes qui ont participé à l’émancipation des années 60/70. Nous avons aussi la pièce "Women 89" qui traite de la chute du mur de Berlin et de la fin de l’URSS.

J’avais en projet un festival à Ivankov (chef-lieu de la région de Tchernobyl) pour le 25e anniversaire en 2011, mais je n’ai pas eu de financement et j’ai dû abandonner. Je poursuis toujours mon travail en centre psychiatrique, qui permet de casser l’isolement des patients avec lesquels nous avons publié un livre : "HP Blues".

Brut de Béton est un des membres actifs de l’association IndependentWHO, qui tient une vigie permanente devant l’OMS à Genève. Je peux dire qu’à partir de 1998 je n’ai plus "quitté" Tchernobyl. C’est une implication qui me semble aller de soi et je souhaite que les artistes s’engagent plus souvent.