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Revue de presse

Mai 2017 / Les Echos

Après Hanford, comment stocker les déchets nucléaires ? Raphael Bloch



 


Raphael Bloch


Le plus grand site nucléaire américain représente 15 fois la superficie de Paris. - Manuel Valdes/AP/SIPA


Un tunnel rempli de substances radioactives s'est effondré cette semaine dans le plus grand site nucléaire américain.

Colmater les brèches et faire un premier bilan. Les travaux de réparation d'un tunnel qui s'est effondré dans l'enceinte du plus grand site nucléaire américain <https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/0212031351614-environnement-les-7-erreurs-de-lamerique-depuis-larrivee-de-trump-2085708.php> ont commencé mercredi et devraient prendre plusieurs jours.

Mais si l'incident du complexe d'Hanford n'a pas provoqué de "fuites majeures" ni contaminé l'un des 10.000 salariés, il pose la question du stockage des déchets nucléaires.


Quels sont les déchets stockés� ?

Le site d'Hanford, que les Américains appellent la "poubelle" nucléaire des Etats-Unis est grand (1.500 km2) comme quinze fois Paris. Il est connu pour ses multiples incidents et ses 14 millions de tonnes de déchets, à seulement 270 kilomètres de la ville de Seattle. En 2013 et 2016, le site a déjà été victime de fuites radioactives.

Mais il est surtout célèbre pour ne pas assurer le tri <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_tri.html#xtor=SEC-3168> des déchets nucléaires en fonction de leur activité, basse ou haute, et de leur durée de vie, courte ou longue. Tous les types de déchets nucléaires sont stockés dans des fosses et des cuves en sous-sol, à quelques dizaines de mètres sous-terre. Dans les autres pays nucléarisés, comme la France, le Royaume-Uni ou le Japon, les déchets sont triés et stockés selon leur dangerosité <https://www.lesechos.fr/11/07/2016/LesEchos/22231-036-ECH_stockage-des-dechets-radioactifs---ne-pas-se-tromper-de-debat.htm> ..


Comment sont-ils stockés ?

Faute de pouvoir les détruire, les pays nucléarisés conditionnent et stockent leurs déchets radioactifs dans des sites dédiés et réglementés. Contrairement au site d'Hanford, c'est un système de stockage dans des installations construites en surface ou à faible profondeur, mais jusqu'à 200 mètres sous terre.
 
Les déchets, divisés entre ceux à "courte vie" (90�%) et les autres à "longue vie" (10�%), sont récupérés, contrôlés, et préparés. Ils sont ensuite coulés dans des matrices de verre, qui sont entreposées dans des puits ventilés, avant d'être définitivement stockés.

En France, 90% des déchets radioactifs à "courte vie" sont stockés à Soulaines-Dhuys (Aude), le plus grand centre de stockage au monde. Les plus radioactifs sont quant à eux entreposés dans les sites spécifiques de La Hague (Manche), Marcoule et Cadarache (Côtes-du-Rhône).


Vers un enfouissement en profondeur

C'est l'alternative qui monte en puissance, en France comme en Finlande ou aux Etats-Unis pour traiter tous les déchets, mais surtout les plus radioactifs. Plusieurs capitales plaident pour la méthode de l'enfouissement en profondeur, c'est-à-dire à environ 500 mètres sous terre.

Cette technique est actuellement à l'étude au laboratoire de Bure (Meuse), attaqué en justice par ses opposants, <https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/0211838492880-dechets-nucleaires-brutal-coup-de-frein-au-projet-de-bure-2068526.php> dans la perspective d'une mise en service en 2030. La Finlande est en train d'en faire construire un à proximité du site de l' EPR d'Olkiluoto (sud-ouest du pays) <https://www.lesechos.fr/27/09/2016/lesechos.fr/0211333019837_epr-finlandais---tvo-assigne-areva-en-refere.htm> supervisé par Areva.

L'objectif de l'enfouissement en profondeur est d'isoler au maximum les déchets radioactifs. Les associations pour la protection de l'environnement sont vent debout contre ce type de projet, dénonçant les risques pour les sous-sols et les nappes phréatiques. Seuls les Etats-Unis sont aujourd'hui équipés d'un tel site, au Nouveau-Mexique. En 2014, l'installation de Wipp a connu une fuite importante. Pas de quoi rassurer les opposants à ce type de technique.

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Thèmes
Déchets radioactifs